Le Sénat ouvre la voie à un test de la reconnaissance faciale dans les lieux publics



La reconnaissance faciale, une technologie controversée qui permet d’identifier les personnes à partir de leurs traits du visage, pourrait bientôt faire l’objet d’une expérimentation dans les lieux publics en France. Le Sénat a adopté, le 12 juin 2023, une proposition de loi qui vise à encadrer ce test, qui devra respecter des conditions strictes.

L’objectif de cette proposition de loi, portée par le sénateur LR Jean-Pierre Grand, est de “permettre aux pouvoirs publics de disposer d’un outil efficace pour lutter contre le terrorisme, la criminalité organisée et la fraude documentaire”. Selon lui, la reconnaissance faciale est déjà utilisée dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni ou la Chine, et il faut que la France ne prenne pas de retard dans ce domaine.

Mais cette technologie suscite aussi des inquiétudes sur les risques qu’elle fait peser sur les libertés individuelles et la protection des données personnelles. Les opposants à la reconnaissance faciale craignent qu’elle ne conduise à une surveillance généralisée et à une discrimination des personnes en fonction de leur apparence. Ils dénoncent aussi le manque de fiabilité et de transparence de cette technologie, qui peut générer des erreurs ou des biais.

Pour répondre à ces critiques, les sénateurs ont apporté des garanties pour limiter et contrôler l’expérimentation. Ainsi, le texte prévoit que le test ne pourra avoir lieu que dans des lieux publics où il existe un risque avéré pour la sécurité nationale ou l’ordre public, comme les gares, les aéroports ou les stades. Il devra aussi être autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et le Conseil d’État, qui devront veiller au respect du droit et des principes éthiques. Enfin, le test devra faire l’objet d’une évaluation indépendante et d’un rapport au Parlement.

Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale, où il pourrait rencontrer plus de résistance. Certains députés, notamment de la majorité présidentielle, se sont déjà exprimés contre la reconnaissance faciale dans les lieux publics. Ils estiment que cette technologie n’est pas adaptée au contexte français et qu’elle porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog