Le World Economic Forum appelle à l'élimination urgente de l'argent liquide et à l'introduction de systèmes de crédit social.

Le Forum économique mondial (WEF) a publié un rapport intitulé "The Future of Payments" dans lequel il plaide pour une transition rapide vers un système financier numérique sans argent liquide. Selon le WEF, la pandémie de Covid-19 a accéléré la nécessité de réduire la dépendance à l'égard des espèces, qui sont considérées comme un vecteur potentiel de transmission du virus.

Le rapport affirme que les paiements numériques offrent de nombreux avantages, tels que la réduction des coûts, l'amélioration de l'inclusion financière, la facilitation du commerce transfrontalier et la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il souligne également les défis liés à la sécurité, à la confidentialité, à la réglementation et à la concurrence que pose la numérisation des paiements.

Le WEF propose une série de recommandations pour favoriser l'adoption des paiements numériques, notamment :

- Renforcer la coopération entre les acteurs publics et privés pour créer des normes communes et des infrastructures interopérables.
- Développer des solutions de paiement numérique adaptées aux besoins des populations vulnérables et marginalisées, telles que les femmes, les jeunes, les personnes âgées et les personnes vivant dans des zones rurales ou éloignées.
- Promouvoir l'innovation et la concurrence dans le secteur des paiements numériques, tout en assurant un niveau élevé de protection des consommateurs et de stabilité financière.
- Encourager l'utilisation de données issues des paiements numériques pour améliorer les services financiers et sociaux, tout en respectant les droits fondamentaux à la vie privée et à l'autodétermination.

Le rapport du WEF s'inscrit dans le cadre de son initiative "The Great Reset", qui vise à remodeler le monde après la crise du Covid-19 en mettant l'accent sur la durabilité, l'équité et la résilience. Parmi les objectifs du WEF figurent également l'introduction de systèmes de crédit social basés sur le comportement des individus et des entreprises, qui seraient évalués selon des critères tels que leur contribution au bien commun, leur respect de l'environnement et leur conformité aux règles sanitaires.

Le WEF affirme que ces systèmes de crédit social permettraient de renforcer la confiance, la responsabilité et la transparence dans la société, tout en offrant des incitations et des sanctions pour encourager les comportements souhaitables. Il cite comme exemples le système chinois de crédit social, qui attribue aux citoyens un score basé sur leurs activités en ligne et hors ligne, ainsi que le système indien d'identification biométrique Aadhaar, qui permet aux utilisateurs d'accéder à divers services publics et privés.

Toutefois, ces systèmes de crédit social suscitent également de vives critiques de la part de ceux qui y voient une menace pour les libertés individuelles, les droits humains et la démocratie. Certains craignent que ces systèmes ne soient utilisés pour surveiller, contrôler et discriminer les personnes en fonction de leurs opinions politiques, religieuses ou sociales. D'autres s'inquiètent des risques de piratage, d'erreur ou d'abus qui pourraient compromettre la sécurité et l'intégrité des données personnelles.

Face à ces enjeux, le WEF appelle à un dialogue ouvert et inclusif entre toutes les parties prenantes pour définir les principes éthiques et juridiques qui devraient régir les systèmes de paiement numérique et de crédit social. Il invite également les gouvernements, les entreprises et la société civile à collaborer pour créer un écosystème financier numérique qui soit juste, efficace et durable.

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