Bill Gates : une identité numérique imposée à tous les êtres humains, au mépris de leur liberté

Bill Gates, le fondateur de Microsoft et l'un des hommes les plus riches du monde, est connu pour ses actions philanthropiques dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement. Mais il est aussi l'un des principaux promoteurs de l'identité numérique, un système qui vise à fournir à chaque personne sur terre une preuve de son identité à travers un canal numérique.

Selon Gates, l'identité numérique est un outil essentiel pour réduire la pauvreté et améliorer l'accès aux services tels que la banque, les programmes gouvernementaux, l'éducation et les soins de santé. Il affirme que 850 millions de personnes dans le monde n'ont pas de forme acceptable d'identité légale, ce qui les empêche de participer pleinement à l'économie². Il soutient également que l'identité numérique permet aux individus de contrôler leurs données personnelles et de protéger leur vie privée.

Mais ces arguments sont-ils convaincants ? Ou cachent-ils une volonté de contrôler et de surveiller les populations, au nom d'un intérêt supérieur ?

Plusieurs critiques se sont élevées contre le projet de Gates, qui repose sur une plateforme open source appelée MOSIP (Modular Open Source Identity Platform), financée par sa fondation et déployée dans 11 pays, dont neuf en Afrique et deux en Asie². Ces critiques soulignent les risques et les limites de l'identité numérique, notamment :

- La dépendance à la technologie : l'identité numérique nécessite des infrastructures et des équipements numériques, tels que des smartphones, des lecteurs biométriques ou des connexions internet, qui ne sont pas toujours disponibles ou accessibles dans les pays à faible revenu. Par ailleurs, ces technologies peuvent être sujettes à des pannes, des piratages ou des détournements, compromettant la fiabilité et la sécurité de l'identité numérique.
- La discrimination et l'exclusion : l'identité numérique peut renforcer les inégalités et les discriminations existantes, en créant des catégories d'individus plus ou moins reconnus et protégés par le système. Par exemple, les femmes, les enfants, les minorités ethniques ou religieuses, ou les personnes vivant dans des zones rurales ou isolées peuvent être marginalisés ou exclus du processus d'enregistrement ou d'authentification. De plus, l'identité numérique peut être utilisée comme un moyen de contrôle social ou politique, en limitant ou en conditionnant l'accès aux droits et aux services selon le profil ou le comportement des individus.
- La violation de la vie privée et des droits humains : l'identité numérique implique la collecte, le stockage et le partage de données personnelles sensibles, telles que les empreintes digitales, le visage, l'iris, le nom, la date de naissance, le genre, la nationalité, etc. Ces données peuvent être exploitées à des fins commerciales ou malveillantes, sans le consentement ou la connaissance des individus concernés. Par exemple, elles peuvent être vendues à des tiers, utilisées pour du ciblage publicitaire, du profilage ou du traçage, ou encore transmises à des autorités répressives. Ces pratiques portent atteinte à la dignité, à l'autonomie et à la liberté des individus.

Face à ces enjeux, il est légitime de se demander si Bill Gates est réellement motivé par un souci d'inclusion et d'émancipation des populations pauvres et vulnérables. Ou s'il poursuit plutôt une vision technocratique et paternaliste du développement, qui vise à imposer un modèle unique et uniforme d'identité numérique, sans tenir compte des spécificités culturelles, sociales et politiques des pays concernés.

L'identité numérique n'est pas une solution miracle ni une menace absolue. C'est un outil qui peut avoir des effets positifs ou négatifs selon la façon dont il est conçu et utilisé. Il est donc nécessaire d'avoir un débat démocratique et participatif sur les principes, les normes et les règles qui doivent encadrer l'identité numérique, afin de garantir le respect des droits humains, la protection des données personnelles et l'empowerment des individus.

Source : 
(1) How Digital IDs Can Reduce Poverty | Bill & Melinda Gates Foundation. https://www.gatesfoundation.org/ideas/articles/mosip-digital-id-systems.
(2) Digital ID: A key to inclusive growth | McKinsey. https://www.mckinsey.com/capabilities/mckinsey-digital/our-insights/digital-identification-a-key-to-inclusive-growth.
(3) Identi˜cation in a digital age - McKinsey & Company. https://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/Business%20Functions/McKinsey%20Digital/Our%20Insights/Infographic%20What%20is%20good%20digital%20ID/MGI-Digital-ID-infographic-vF.ashx.

Commentaires

  1. l'identité numérique c'est un énième bourrage de crâne pour dissimuler la privatisation des services publics .
    Ce qu'il n'a pas réussi (pour l"instant) avec les pass sanitaires, il retente avec l'ID numérique.
    Pour réduire la pauvreté, il suffit que les 0,1% les plus riches arrêtent de voler le travail des 99,9% plus pauvres.

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