L’élection de Macron a-t-elle été truquée comme celle de Biden ?

L'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par plusieurs rebondissements et controverses. Certains observateurs ont même comparé ce scrutin à celui qui a eu lieu aux États-Unis en 2020, où le président sortant Donald Trump a contesté la victoire de son rival Joe Biden, en dénonçant des fraudes massives. Mais ces accusations sont-elles fondées ? Macron a-t-il volé l'élection de 2017, tout comme Biden aux États-Unis ?

Un contexte politique inédit

L'élection présidentielle française de 2017 s'est déroulée dans un contexte politique inédit, où les candidats des deux partis traditionnels, le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), ont été éliminés dès le premier tour. Le second tour a opposé Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Économie et fondateur du mouvement En marche !, à Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), un parti d'extrême droite. Emmanuel Macron a remporté le scrutin avec 66,10 % des suffrages exprimés, contre 33,90 % pour Marine Le Pen¹.

Ce résultat a été perçu comme une victoire du centre et du progressisme face aux extrêmes et au populisme. Emmanuel Macron a bénéficié du soutien de nombreux responsables politiques, de personnalités médiatiques et de la presse, qui ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen. Il a également profité d'une forte mobilisation des électeurs, qui ont voté en masse pour éviter une éventuelle victoire du FN.

Des soupçons de fraudes et d'ingérences

Toutefois, l'élection présidentielle française de 2017 n'a pas été exempte de soupçons de fraudes et d'ingérences. Plusieurs éléments ont alimenté ces doutes :

- La publication, quelques heures avant le premier tour, de documents internes à l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, piratés par des hackers russes selon les services de renseignement français². Ces documents, appelés "MacronLeaks", ont été diffusés sur les réseaux sociaux par des sites proches de l'extrême droite et relayés par des médias russes. Ils visaient à discréditer le candidat d'En marche ! en révélant des informations sur ses finances, sa stratégie ou ses relations avec certains pays.
- L'ouverture, quelques jours avant le premier tour, d'une enquête judiciaire visant François Fillon, candidat des Républicains, accusé d'avoir employé fictivement sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires³. Cette affaire, révélée par le journal Le Canard enchaîné, a plombé la campagne de François Fillon, qui était donné favori dans les sondages avant le scandale. Certains soutiens du candidat LR ont dénoncé un "coup d'État institutionnel" orchestré par le pouvoir socialiste et les médias pour favoriser Emmanuel Macron.
- La diffusion, la veille du second tour, d'un documentaire sur France 2 intitulé "L'émission politique : la dernière interview", qui donnait la parole aux deux finalistes⁴. Ce programme a été critiqué pour son manque d'impartialité et son parti pris en faveur d'Emmanuel Macron. En effet, le candidat d'En marche ! a bénéficié d'un temps de parole plus long que Marine Le Pen et a été interrogé par des journalistes plus complaisants que ceux qui ont questionné la candidate du FN.

Une comparaison avec l'élection américaine de 2020

Ces éléments ont conduit certains à comparer l'élection présidentielle française de 2017 à celle qui s'est déroulée aux États-Unis en 2020. En effet, dans les deux cas, on retrouve :

- Un candidat sortant contestataire (Donald Trump / Marine Le Pen), qui se présente comme le défenseur du peuple face à l'élite corrompue et qui dénonce des fraudes massives sans apporter de preuves.
- Un candidat challenger centriste (Joe Biden / Emmanuel Macron), qui se présente comme le rassembleur de la nation face à la division et qui bénéficie du soutien des médias, des personnalités et des institutions.
- Une ingérence étrangère (russe / russe), qui cherche à influencer le résultat du scrutin en diffusant des informations compromettantes sur le candidat challenger.
- Une polarisation de l'opinion publique, qui se traduit par une forte participation électorale et par une fracture entre les électeurs des zones urbaines et ceux des zones rurales.

Toutefois, cette comparaison présente aussi des limites. En effet, il existe des différences notables entre les deux scrutins :

- Le mode de scrutin, qui est indirect aux États-Unis et direct en France. Cela implique que le vainqueur n'est pas forcément celui qui obtient le plus de voix au niveau national, mais celui qui remporte le plus de grands électeurs au niveau des États. Ainsi, en 2020, Joe Biden a devancé Donald Trump de plus de 7 millions de voix, mais il n'a remporté l'élection que grâce à une avance de moins de 50 000 voix dans trois États-clé (la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan)⁶.
- Le système politique, qui est fédéral aux États-Unis et unitaire en France. Cela signifie que les États américains disposent d'une large autonomie pour organiser les élections, ce qui entraîne des disparités dans les modalités de vote, les délais de dépouillement ou les recours juridiques. En France, les règles électorales sont uniformes sur tout le territoire et les résultats sont annoncés le soir même du scrutin.
- Le contexte sanitaire, qui a été marqué par la pandémie de Covid-19 en 2020, mais pas en 2017. Cela a eu un impact sur la campagne électorale, qui a été limitée par les mesures de distanciation sociale, et sur le vote, qui a été facilité par la généralisation du vote par correspondance aux États-Unis. En France, le vote par correspondance n'existe pas et le vote par procuration est encadré.

Une légitimité contestée

En conclusion, l'élection présidentielle française de 2017 et l'élection présidentielle américaine de 2020 présentent des similitudes, mais aussi des différences. Dans les deux cas, le vainqueur a été contesté par son adversaire, qui a dénoncé des fraudes et des ingérences. Toutefois, ces accusations n'ont pas été étayées par des preuves solides et n'ont pas été validées par les autorités compétentes. Ainsi, on ne peut pas affirmer que Macron a volé l'élection de 2017, tout comme Biden aux États-Unis. Néanmoins, ces polémiques ont entaché la légitimité des deux présidents élus et ont révélé la profonde division de leurs sociétés respectives.

¹: [Élection présidentielle française de 2017 — Wikipédia](^1^)
²: [MacronLeaks : comment les hackers russes ont tenté d'influencer l'élection présidentielle]
³: [Affaire Fillon : chronologie d'un scandale]
⁴: [Présidentielle : "L'Emission politique" avec Macron et Le Pen jugée "injuste" par le CSA]
⁵: [Élection présidentielle américaine de 2020 — Wikipédia](^4^)
⁶: [2020 United States presidential election - Wikipedia](^6^)
: [MacronLeaks : comment les hackers russes ont tenté d'influencer l'élection présidentielle](https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/06/25/macronleaks-comment-les-hackers-russes-ont-tente-d-influencer-l-election-presidentielle_5481155_4408996.html)
: [Affaire Fillon : chronologie d'un scandale](https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/14/affaire-fillon-chronologie-d-un-scandale_509433

Commentaires

  1. Bonjour,


    Votre article présente des erreurs :
    - Marine Le Pen n'était pas un "candidat sortant"
    - Macron n'était pas un "candidat challenger"
    - énormément de "preuves solides" ont été présentées sur internet et en justice par le camp républicain (ex : milliers d'affidavits, documentaires "Absolute interference", "2000 mules"...) ainsi que les aveux de Joe Biden (https://eu.usatoday.com/story/news/factcheck/2020/10/29/fact-check-joe-biden-misspoke-campaigns-voter-protections/6061563002/) et des procès locaux gagnés (cf. Fox News ou canal Telegram Silvano Trotta Officiel + Sylvia Miami Officiel) !

    Vous ignorez de plus une quantité de recours en justice en France inhabituelle :
    - l'avocat Juan Branco a déposé un recours contestant la légitimité de l'élection française sur la base du faible taux de participation (à ma connaissance, ce recours est en traitement par le Conseil Constitutionnel)
    - les avocats Me. Carlo Alberto Brusa et Morad El Hattab ont déposé une plainte commune contestant l'intégrité du résultat, cosignée par des milliers d'électeurs, au motif que les serveurs du ministère de l'intérieur français sont situés hors du territoire (en l'occurence près de Washington aux USA)

    Pire, vous entretenez le faussage médiatique en ne relayant pas à votre tour
    - les plaintes des petits candidats favorables au "Frexit" tels que François Asselineau sur leur éviction systématique avant le premier tour (silence médiatique, instruction des parrainages...)
    - une couverture médiatique massivement déséquilibrée en faveur de l'un des deux candidats (attention contre "diabolisation" de l'opposant)
    - des mensonges sur l'état civil et le patrimoine d'Emmanuel Macron (recours d'Alexandre Juving-Brunet sur l'imprécision des prénoms d'Emmanuel Macron, plainte retirée du camp Macron pour diffamation envers la journaliste Natacha Rey concernant le genre de Brigitte, Rothschildgate, fait qu'il avait 14 ans lors de ses premiers rapports avec son conjoint ce qui relève donc de la pédophilie...)
    Je vous rappelle également que ce candidat a détourné les ressources de son ministère pour préparer sa campagne électorale (il y recevait ses sponsors). Ce n'était donc même de loin ni une campagne ni une élection normale.

    Cordialement,


    G. Burban

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup pour toutes vos précisions. Malheureusement nous ne les entendrons pas ni ne les lirons pas de la bouche ni de la main des merdias mainstream macronneriens anxiogènes

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog